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Unité au dela de la diversité

Une réflexion m’est venue sur le chemin du retour après le cours de Françoise que je remplaçais, ayant entendu diverses inquiétudes et questions

Comment notre esprit, notre intelect peut il intégrer la nouveauté ? Comment voir l’unité par exemple entre les cours de Françoise et les miens ? D’où vient notre sentiment de diversité vécu comme une division ?

racines

Et puis l’image du yoga s’est imposée, yoga de yug en sanscrit qui a donné joug, la pièce de bois qui relie les bœufs au travail. Union ou unité que nous recherchons continuellement en nous. Quand vous êtes unis, vous êtes bien, heureux ( une activité, une passion qui vous absorbe, mentale et corps unis,/ un moment de partage avec un être cher/ une balade dans la nature)
Nous sommes des êtres en recherche perpétuelle d’union et de paix mais nous nous compliquons l’existence et nous coupons de cette unité en catégorisant, les choses, les gens, les instants.

Un j’aime/ j’aime pas qui nous fait passer à coté de l’unité, nos sens (vue, ouie, toucher) qui nous font dire que c’est différent, c’est mieux, c’est moins bien etc

À l’image de l’arbre dont le tronc est dur, solide et rugueux, les branches fines souples et lisses et les feuilles fragiles et douces, trois perceptions différentes perçues par nos sens et pourtant unité de l’arbre.

Peut on dire que les feuilles ou les branches sont moins belles ou importantes que le tronc ? Peut on voir l’unité au delà de la diversité ?
Ne pas voir l’unité c’est se couper, laisser nos sens nous tromper c’est se couper

Yoga nous enseigne ce recul et cette perspective à appliquer à chaque instant. En voyant l’unité des choses nous ne créons pas ces barrières qui nous empêchent de profiter de l’expérience présente. Être témoin de nos propres barrières mentales et physiques sans les juger, voir l’unité de notre corps et de notre mental au delà de la perception premier et comme par magie, les barrières tombent, de la même façon que nous ne voyons plus les frontières vues du ciel.

l’origine de la création du monde : extrait de « L’Advaïta védânta facile »

Cet ouvrage est disponible sur ce site

Nous sommes plusieurs à avoir lu ce petit ouvrage synthétique qui permet de préparer le sujet de l’Advaita Vedanta. Ouvrage disponible en E-book et papier.

Jocelyne a fait le travail de saisie de cet extrait et je l’en remercie.

Si vous avez des remarque ou des ouvrages de référence sur le sujet n’hésitez pas à répondre à cet article.

EXTRAIT :

Par rapport à l’origine de la création du monde, il y a plusieurs théories suivant les écoles, mais une des versions « vivarta vada » dit que l’effet n’est qu’une transformation apparente. L’argument est que la confusion se produit à cause du langage.
Nous donnons un nom à quelque chose par commodité et, conséquence de son usage constant, nous tenons pour acquis que le mot se réfère à une chose ayant une existence séparée.
Les exemples classiques cités dans les textes sont ceux du bol d’argile et de la bague ou du bracelet en or…
Lorsqu’un potier fait un bol à partir d’une motte d’argile, l’objet qui en résulte a clairement une nouvelle fonction. iL peut contenir du liquide, de sorte que nous pouvons l’utiliser comme récipient pour boire. Mais nous avons tôt fait d’oublier que le bol n’est pas une nouvelle chose en soi. Au début, c’était simplement une motte d’argile. Maintenant, c’est de l’argile sous une forme plus utile. Si nous le brisons, ce sera toujours de l’argile, bien que maintenant réduite en morceaux, ayant en soi, peu d’utilité. Ce n’est jamais rien d’autre que de l’argile.

Le problème du langage : le Chandogya Upanishad (6.1.4-6) dit que tout produit n’est qu’un nouveau mot : « de même que, par une seule motte d’argile, tout ce qui st fait d’argile vient ^être connu, car toute modification n’est qu’un nom basé sur des mots et seuls l’argile est réelle… « et le même argument s’applique à tout. Tout objet, n’est que « mithya » illusion ; sa réalité n’est toujours que Brahman. Sa différence apparente ne dépend en fin e compte que de mots. La fabrication d’un bol revient simplement à changer la forme de l’argile et à lui donner un nouveau nom.
De la même manière, lors qu’ensuite le mot et le « jiva » prennent naissance, tout ce qui se passe c’est que Brahman acquiert de nouvelles formes et de nouveaux noms pour les accompagner. Mais, avant, pendant et après, tout ce qui existe vraiment est Brahman.

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Pas de création :
Et cela nous amène à l’ultime explication de la création, quand toutes les théories provisoires précédentes ont été invalidées. C’est simplement qu’il n’y a jamais eu de création du tout. On appelle cela « ajati vada » – la théorie « incréée »-. Si le monde ne peut ni exister, ni ne pas exister avant la création, la seule conclusion logique est qu’il n’y a jamais eu de création du tout. C’est la controverse de Gaudapada , qui aurait été le Maître du guru de Shankhara. La théorie est appelée « ajati vada » (ajati : non né)- le terme a toujours existé parce qu’il n’y a effectivement pas de monde- il n’y a que nom et forme du Brahman non duel.
Dans un des versets explication de l’une des Upanishads, Gaudapada dit ‘ « aucune sorte de « jiva » ne nait jamais et il n’y a pas non plus de cause pour une telle naissance. La Vérité Ultime est que rien ne nait ».

 

l’auteur Denis Waite  anime un site très complet sur l’advaita vedanta : http://www.advaita.org.uk