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Parvati

Dans la mythologie hindoue, Parvati est la déesse la plus chérie et la plus vénérée. C’est la première divinité féminine hindoue qui, partageant la connaissance du yoga avec son époux bien-aimé SIVA, démontre que le Yoga peut être appris sans distinction de sexe.

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Déesse du droit chemin et de la sérénité, PARVATI est vénérée par toutes les femmes hindoues sans distinction de castes et de communautés. Elle est douce et simple : c’est la femme, l’épouse, la mère. Par son exemple, PARVATI enseigne aux êtres humains qu’ils peuvent atteindre le niveau supérieur de la conscience tout en gardant leur attachement familial.

Dans l’icônographie hindoue, PARVATI est représentée comme une très belle jeune femme. Les livres sacrés lui attribuent tous les attraits de la beauté féminine. Ses yeux fendus comme ceux d’une gazelle, ont la couleur du lotus ; ses lèvres ressemblent à des boutons prêts à s’épanouir, son visage est pareil à la lune : l’éclat de sont teint rivalise avec celui de l’or. Toute sa féminité s’exprime dans son léger sourire pudique au regard empreint à la fois de hardiesse et de timidité.

Toutes les statues des temples hindous glorifient son corps souple et proportionné, sa gorge rebondie et ses hanches larges. Bien qu’ayant atteint le domaine de la plus haute connaissance spirituelle, elle demeure proche des êtres humains par sa sensualité. Compagne fidèle de Siva, elle est souvent représentée dan les Puranas, enlacée à son époux. Parfois on la montre assiste sur le mont Kailasa (Everest), débattant des plus abstraites questions de philosophie hindoue.

Shiva et Parvati se trouvent parfois réunis sous forme d’une même divinité androgyne. La partie droite de la divinité repréesnte Shiva et la partie gauche Parvati. Siva est connu ains sous le nom d’ARDHANARI : femme (nari) à moitié (ardha).

Parvati ne manifeste ses pouvoirs divins que lorsqu’elle apparait sous ses autres identités comme DURGA (forteresse imprenable dans le nord de l’Inde), KALI, CHAMOUNDI, ANNAPURNA (la mère nourricière), GANESAJANANI (mère de Ganesha),etc.

La liste des formes que revêt Parvati peut être allongée indéfiniment. la multiplicité de ses formes prouve combien elle est adorée dans l’Inde toute entière. Il est d’usage que les hindous donnent à leurs enfants le nom du dieu ou de la déesse à qui ils croient devoir la naissance. Parmi toutes, Parvati est la plus populaire.

source : Yoga et Vie Mahesh Dèc.1977

Ardhanarîshvara

Ardhanârîshvara est le Shiva androgyne. On invoque plusieurs légendes concernant cette androgynie de Shiva.

Un Sage du nom de BHRINGI se consacrait totalement à l’adoration de Shiva. Mais il oubliait du coup, d’inclure PARVATI dans le rite. La déesse en conçut du ressentiment. Pour apaiser sa juste colère, Shiva décida de s’unir à elle si étroitement qu’on ne pourrait plus les dissocier car ils formeraient un seul être. Cet accord parfait du couple divin symbolise l’Union de l’Esprit (Purusha = Shiva) et de la Matière (Prakriti = Shakti).

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 La partie droite, masculine, présente tous les aspects de Shiva. De teinte claire, pourvu d’un chignon de mèches (jatâmakuta) abritant la Lune ou des nattes, il a deux bras dont l’un tenant une hache et l’autre posé sur le dos du taureau Nandi. Cette moitié, vêtue de rouge ou d’une peau d’animal (éléphant ou tigre), porte des serpents.

 La moitié féminine, sur la gauche, a le teint foncé; elle porte une haute coiffe (karandamakuta) et n’a pas de troisième oeil (contrairement à Shiva). Son bras unique tient un lotus fermé près de sa poitrine; son sein est recouvert d’un tissu léger et elle porte des ornements précieux.

L’image est globalement placée sur un socle en forme de lotus et le taureau sacré, Nandi, s’y tient derrière.

La forme hermaphrodite de Shiva, Ardhanârishvara ou Ardhanâri est à mettre en relation avec la conception de la doctrine shâkta, selon laquelle Shiva n’est en mesure d’assumer ses fonctions divines que lorsqu’il interagit avec Shakti. L’idée de représenter un ornement masculin dans le lobe droit de l’oreille de Shiva et un ornement féminin dans son oreille gauche, déjà, doit être imputée à la croyance en l’inséparable union des éléments masculins et féminins chez le Créateur.

En profondeur, il y a un homme en toute femme, et une femme en tout homme. Du point de vue biologique, chaque organisme contient à la fois des hormones masculines et des hormones féminines. Du point de vue psychologique, les recherches ont montré que chaque homme a un aspect féminin, et chaque femme un aspect masculin (« animus-anima »). C’est le reflet d’une réalité cosmique.

Dans la tradition de l’Inde, l’univers entier est l’union étroite de ces deux principes.

Aujourd’hui, le principe féminin est de plus en plus exilé d’un monde dominé par la violence, l’agressivité, la colère, l’égoïsme, la conquête et la destruction de la Nature (Mère Nature…).

Dans un discours prononcé en octobre 2002 au Palais des Nations à Genèvre, Shrî Mâtâ Amritânandamayi,  a lancé un appel pour que les femmes et les hommes partout dans le monde se réveillent et prennent conscience de ce pôle féminin. Elle recommande aux femmes dans les pays développés dominés par le matérialisme, de s’éveiller à la spiritualité, et dans les pays où elles sont soumises à des coutumes étroites, de s’éveiller à la pensée moderne, tout en assimilant la sagesse éternelle de la spiritualité. Là où des règles sociales font obstacle à leur progrès, elles doivent se montrer courageuses et les combattre. « Si les femmes elles-mêmes se détournent du principe féminin, il en résultera l’échec absolu des femmes et de la société. Les problèmes du monde seront aggravés. Si les femmes rejettent leurs qualités féminines et s’efforcent de devenir pareilles aux hommes en cultivant les qualités masculines, le déséquilibre ne fera que s’accentuer »

Pour s’accomplir, la femme doit découvrir l’essence de sa nature : elle doit découvrir en elle la « Shakti », la Mère Divine.

Ci-contre une statue de Parvati : Parvati statue

Soudhamani – Mata Amritanandamayi

Au matin du 27 septembre 1953, dans un petit village de la côte du Kérala au Sud de l’Inde, au sein d’une famille d’humbles pêcheurs, naquit une petite fille au teint étonnamment bleu-foncé. Ses parents l’appelèrent Soudhamani. Alors que les bébés, d’ordinaire, pleurent à la naissance, Soudhamani vint au monde avec un sourire radieux, comme pour annoncer la joie qu’elle allait bientôt apporter au monde.

C’était une petite fille remarquable qui montra dès l’enfance de nombreux signes inhabituels. Elle commença à marcher à six mois. La dévotion envers Dieu était une part intégrante de sa nature. Ses parents la trouvaient parfois absorbée dans un état de profonde méditation, totalement perdue à ce monde.

A l’âge de cinq ans elle composait de petits chants dévotionnels dédiés à Sri Krishna ; ces chants exprimaient de profondes vérités mystiques. Elle exprimait son cœur et son âme à travers ces mélodies, sa douce voix devint une source de grande joie pour les villageois. Alors que Soudhamani n’avait que neuf ans, sa mère tomba malade et l’entière responsabilité de la maison retomba sur les épaules de la petite fille : préparer les repas, laver le linge, nettoyer la maison, faire la vaisselle, traire les vaches, les nourrir, assurer l’approvisionnement en eau. Elle fut finalement contrainte de quitter l’école, alors qu’elle y était la meilleure élève. Elle s’occupa de ses frères et sœurs, de ses parents et des vaches, sans jamais se plaindre malgré cette charge de travail éreintante. Elle offrait au Seigneur chaque minute de ses longues heures de travail. Les membres de sa famille, irrités par son comportement auquel ils ne comprenaient rien, la méprisaient et la maltraitaient mais elle acceptait tous les obstacles comme un moyen employé par le Seigneur pour la rapprocher de lui. Son seul réconfort et son seul soutien était le souvenir de son bien-aimé Krishna. Quand son travail était terminé, vers minuit, Soudhamani, au lieu de s’effondrer et de dormir, passait la nuit à méditer, à chanter et à prier.

L’amour et la compassion envers tous les êtres humains est une autre qualité qu’elle manifesta clairement dès l’âge tendre. Lire la suite Soudhamani – Mata Amritanandamayi

Tantra yoga

L’origine du Tantrisme est plus ancienne que la littérature védique, mais les Tantras ne furent transmis par écrit qu’après la période védique. Le Tantrisme a puisé ses origines non dans l’organisation de la société mais dans l’individu. C’est une recherche spontanée de la nature humaine.Siva et Parvati

La faculté spécifique de l’homme réside dans la conscience qu’il a d’exister. Avec la venue de l’homme sur terre, on peut dire qu’une faculté essentielle est apparue : la conscience de soi, le pouvoir de distinguer et de comprendre, en sanscrit Ganum signifiant « conscience du temps, de l’espace et de la personne humaine ». Puis l’homme a voulu aller plus loin : éveiller sa conscience personnelle, affiner son intuition, accroître ses possibilités conscientes. D’où l’origine des Tantras qui se sont peu à peu répandus, sans textes, par intuition.

Le Tantra présente deux aspects : l’un appelé SHIVA, la conscience, l’autre SHAKTI, l’énergie. La conscience et l’énergie sont toutes deux intimement mêlées en nous. Toutes les pratiques du Hatha Yoga ; Maha Mudra, Mudra siddhasana, padmasana, pranayama, proviennent essentiellement des textes tantriques, ainsi que les mantras. On ne les trouve nulle part ailleurs.

Le yoga tantrique, c’est le Krya Yoga, c’est à dire l’éveil de la personnalité, et le Kundalini Yoga, l’éveil des Chakras. Mener une vie normale ne constitue pas, pour le Tantrisme, une barrière à la spiritualité. L’homme et la nature ne doivent pas être antagonistes, dans le cas contraire il dissocie sa personnalité. De plus, beaucoup de choses dans notre vie sont considérées comme impures et nous font souffrir d’un sentiment de culpabilité qui constitue une barrière spirituelle pour chaque individu.

La culpabilité est à l’origine de beaucoup de désordres psychiques. Elle provoque la timidité et le complexe d’infériorité.

Swami SATYANANDA SARASWATI (yoga et vie 12)

Quiconque connait sa nature est Bouddha

Le dernier jour de sa vie, Bouddha reposait sur son lit de pierre. Son corps était couvert d’u tissu blanc. Il était calme et paisible, le visage parfaitement serein. Ses disciples l’entouraient. L’un deux, Ananda, qui avait servi le Bouddha toute sa vie, comme son ombre, ne vivait que pour le saint homme. Et Bouddha aimait tendrement Ananda qui lui avait fait don de sa vie.
Bouddha allait quitter le monde emportant avec luI la grande lumière qui l’habitait. Ananda pensait aux ténèbres qui allaient recouvrir le monde après son départ, et il pleurait. Le Bouddha lui demanda la raison de son chagrin.

Ananda lui répondit : »que pouvons-nous faire ? Nous sommes desemparés, désespérés, tels des orphelins et la souffrance de la vie va reprendre le dessus.
Voilà la raison de mes pleurs. Donne nous au moins un dernier message qui puisse nous éveiller à jamais ».
Le Bouddha répondit : »vous êtes tous des lumières, pas seulement la lumière d’une chandelle que l’on peut allumer et éteindre à volonté, mais la lumière de la conscience, de la connaissance qui ne s’éteint jamais. Son extinction est impossible »

Méditons sur cette lumière qui est en chacun de nous, et qui n’est autre que nous-mêmes.

GANESH maître des obstacles

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Ganesh, également connu sour le nom de Ganapati, est le dieu le plus populaire de l’Inde.

les parents de Ganesh sont PARVATI et SHIVA. Plusieurs histoires coexistent quant à sa naissance, voici la plus connue (version du Shiva-Pûrana) :

Agacée par les assauts de son époux, Parvatî décida de se fabriquer un serviteur qui lui garderait sa porte. Seule elle donna vie à un enfant d’une beauté inégalable : Ganesh

lorsque Shiva voulut entrer dans la chambre conjugale, Ganesh lui en refusa l’accès. Furieux, le dieu de l’ascétisme se métamorphosa en sa forme terrible RUDRA et lança les Gana contre Ganesh. Dans la lutte, ce dernier eut la tête tranchée.

Parvatî était inconsolable. Pour réparer sa faute, Shiva redonna vie à Ganesh en lui donnant la tête du premier être vivant qu’il rencontra : un éléphant ; et il le reconnu comme son fils. Ainsi, Ganesh devint Ganapati, le maître des Gana.

Ganesh est souvent représenté avec une défense brisée. Symbole de l’abandon de la moitié de son égo

Protecteur du foyer, c’est le dieu qu’on invoque avant toute entreprise. Les différents et plus courants attributs de Ganesh sont :

  • la main qui éloigne la crainte et accorde la protection divine, ou abhaya mudrâ indique que Ganesh est au-delà de l’atteinte du temps et de la mort
  • la hache, héritée de Shiva, symbolise la destruction de tous les désirs et attachements, ainsi que de leurs conséquences, l’agitation et le chagrin.
  • le noeud coulant permet de capturer l’erreur, qui empêche l’être humain d’avancer dans la quête de la vérité. la corde est le lien invisible de l’Unité reliant la multiplicité des êtres et des choses.
  • le modaka est un gâteau dont Ganesh raffole. Il le tient dans ses mains mais ne le mange pas, signe qu’il n’est plus esclave des plaisirs de la nourriture.
  • le crochet qui sert à diriger les éléphants symbolise son règne sur le monde. Ce crochet signifie aussi la colère, celle ci nous blesse comme le crochet
  • le serpent en guise de ceinture représente l’énergie (shakti) dormant en tout être vivant
  • sa trompe imposante, courbée tantôt à gauche ou a droite correspond aux deux voies par lesquelles les obstacles peuvent être contournés et le but suprême atteint.
  • sa monture est une souris qui symbolise la partie animale et instinctive de chacun. Ganesh en étant assis dessus montre qu’il maîtrise cette partie de lui.

L’hindouisme : une rencontre du Soi ultime

L’hindouisme n’est pas une religion de livres. Il peut accepter ou rejeter l’autorité d’un livre. Il est un état d’esprit qui remet en question les croyances, les traditions, les livres sacrés, les injonctions, etc. Il propose différentes voies pour connaître la vérité où l’individu (le chercheur de vérité) est la réalité centrale. Il n’est pas fait pour la religion. C’est la religion qui est faite pour lui. Selon sa maturité il choisit sa voie, son livre, son maître. Pour atteindre la dernière étape, il faut se détacher de la connaissance, et même de son maître. C’est-à-dire qu’il faut quitter le maître et les dieux pour rencontrer le Soi Ultime. La Bhagavad Gita l’exprime de cette façon : « Après avoir analysé tout ce que je t’ai enseigné de façon critique, fais ce que bon te semble. » 18 :63

Donc je dois faire une lecture critique des textes fondateurs. L’aspect historique est secondaire. L’hindou décide qu’une idée mérite d’être prise en considération après avoir évalué les quatre éléments suivants :

le texte sacré ;
la parole de son maître vivant ;
l’analyse critique ;
sa propre expérience.

Sarva Atma Mithra
Propos recueillis par Laurent Gagnebin

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Mahabharata is good for you !

En Inde le Mahabharata est partout. Le connaître, pour un étranger, c’est posséder une clé qui, lui ouvre des portes invisibles, qui allume les yeux, qui agite les langues. Quelque chose dans ce vieux texte accroche et hypnotise le public d’aujourd’hui car l’oeuvre nous parle en direct, ici et maintenant.

Ce texte, de plus de huit fois la longueur de la Bible, fournit aux Indiens d’inépuisables sujets de discussions, de réflexion, parfois de disputes. Toutes les écoles de danse, de chant, de théâtre y puisent leur répertoire car le trésor parait sans fin.

Le poème est ancien. A quelle époque a-t-on commencé à le raconter, sans doute en musique ? Nous n’en savons rien. Les premières formes écrites (en sanscrit) apparurent sans doute trois ou quatre siècles avant notre ére.

On raconte que Vyasa (un des personnages de l’histoire) s’est lui même attaché à composer ce poeme. Brahma lui ayant envoyé Ganesha pour scribe. Le demi-dieu à tête d’éléphant accourt avec son écritoire et casse une de ses défenses pour la tremper dans l’encre et écrire avec.

Vyasa veut inscrire le dharma dans le coeur des hommes, c’est à dire l’ordre du monde, qui est aussi celui de nos actions. Nos actions sont la garantie, sont responsbles du bon ordre de l’univers, du maintien des choses en l’état

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Acceptation

L’homme ne contrôle pas le monde des objets, des êtres et des événements qui gravitent autour de lui. Il ne peut arrêter les événements désagréables et douloureux qui l’atteignent. Pour affronter les défis incessants de la vie nous devons agir sur notre esprit en saisissant les mécanismes qui créent en nous la confusion, le désordre, le mal-être. La compréhension des processus de pensée conduit à rejeter l’erreur, l’obscurité et l’ignorance. Le cœur et l’esprit sont alors en harmonie et les choses sont perçues dans leur véritable réalité et ne soulèvent plus en nous d’état basé sur les sentiments et les émotions.
SHRI MAHESH

Un beau conte sur la Vérité, sur le chemin de chacun : les trois portes

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage. « Éclaire-moi sur le Sentier de la Vie », demanda le Prince. « Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable », répondit le Sage. « Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d’entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton cœur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi. » Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire:

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