L’Inde…. tu la prends comme une posture…
Elle te pénètre et « crée en toi les sensations ». Tu inspires tout d’abord les odeurs : le parfum des fleurs de jasmin qui ornent la chevelure des femmes, le mélange des effluves d’encens, d’épices, de gee dans les temples.
Puis tes yeux accueillent les images. Ils sont éblouis par les couleurs chatoyantes des saree, le vert de la végétation luxueuse dans la campagne sous la mousson.
A leur tour, la saveur des mets aux savantes combinaisons d’épices, de légumes et de fruits réveillent les papilles et laissent dans la bouche une douce chaleur.
Viennent alors les sensations sonores, tes oreilles peuvent être agréablement bercées par le tintement des cloches, les doux chants des mantras dans les temples et soudain, elles seront surprises par une musique cacophonique accompagnant une aarati, puis vraiment agacées par les sons stridents des klaxons des voitures et des rickshaw dans les villes embouteillées.
Le corps enveloppé par cette chaleur humide, tu sens ruisseler l’eau le long de ton dos et tu expires profondément par tous les pores de ta peau.
L’Inde pénètre très profondément dans chacune de tes cellules. Tu la sens vibrer au plus profond de toi : tu as soudain accès à tout un registre de sensations, d’images, de perceptions qui échappent à tous les codes, et tu prends conscience de la légèreté de la vie. Tout devient plus simple dans cette ambiance chaleureuse où l’humain est placé au centre, où les divinités partagent le quotidien. On oublie les contraintes en se laissant vivre au rythme de cet inimaginable « désordre organisé »
Telle la posture qui chemine dans le corps, allant du « corps grossier » vers les autres « koshas » pour pénétrer tout doucement dans « le corps subtil »

